Souveraineté numérique européenne

Le numérique transforme l’organisation de nombreuses activités, il suscite la disparition de certaines, il entraîne la création de nouvelles et il favorise le développement de l’innovation.

 Cette mutation est rendue possible par l’exploitation et le commerce de mégadonnées, grâce à l’intelligence artificielle

Les entreprises numériques dites GAFAM ou BATX utilisent des milliards de données, qui sont la matière première du développement de leur puissance.

D’où proviennent ces données ?

 C’est le résultat des traces que laissent leurs utilisateurs à l’occasion de tous les services gratuits qu’ils reçoivent de ces sociétés, ou, plus largement, qu’ils laissent sur le web, ou encore des services qu’ils achètent

Et ces données sont des données dites personnelles.

Les données personnelles


À partir de cette ressource le plus souvent gratuite plusieurs modèles économiques ont été mis en place

• amener aux acteurs de l’économie « classique » des informations précieuses de manière très rapide, dans le domaine de la publicité, de la connaissance des segments de marché, de l’évolution de la demande et des tendances

on peut citer les offres de Google et de Facebook.

• proposer à l’usager final une palette de biens à acheter à travers un site de commerce électronique. Les milliards de données à disposition ont permis de développer une offre s’étendant à une grande diversité de familles de produits.

C’est l’offre Amazon

• décliner une économie collaborative

Avec un accès libre au big data, l’exploitation par l’intelligence artificielle on a la proposition d’un nouveau service qui rentre en concurrence avec des acteurs classiques : hôtellerie, taxi, restauration, etc.

Exemples d’Uber, Airbnb, Deliveroo

La puissance des GAFAM et BATX est la conséquence d’un accès libre continu à des milliards de données et de leur exploitation par l’intelligence artificielle permettant d’offrir de nouveaux services.

Les GAFAM, ont acquis une puissance financière énorme, qui leur permet entre autres d’être des investisseurs très en pointe, notamment en matière d’intelligence artificielle, d’innovation technologique, d’acquisition d’activités « classiques » et de développement de nouvelles activités.

Celles qui dominent en Europe sont essentiellement américaines et chinoises

 les européennes sont inexistantes

D’où des risques, prenons l’exemple de la santé mis en lumière par l’INSTITUT SANTE

« Il importe de réussir l’association des données de santé (data santé), avec l’I.A, sans négliger les risques. Réunir toutes les données dans un big data santé c’est bien, à condition que l’hébergeur/serveur soit national.

Effectivement dans ce cadre le « CLOUD ACT » US de 2018 est une épée de Damoclès, car MICROSOFT ou autre GAFA , sera tenu de livrer ses contenus a toute demande de son gouvernement.

Il est, dès lors, effectivement urgent de se doter d’un hébergeur national, de cloisonner les données en fonction de la sensibilité, et de créer un coffre-fort, sorte de TAVERNY de la data numérique. »

Un enjeu possible de l’économie numérique pour l’Europe : l’ouverture des données non-personnelles

Qu’entend-on par données non-personnelles ?

 Elles sont liées au processus de production, de maintenance, à l’action commerciale, au marketing, à la recherche et à l’innovation, etc.

 Les activités économiques des entreprises, y compris la production de biens, vont connaître une révolution sous la pression de l’intelligence artificielle, c’est-à-dire l’exploitation de données au moyen d’algorithmes sophistiqués permettant une meilleure productivité, des économies considérables ou même la transformation totale du processus de production traditionnel

L’objectif, une meilleure maîtrise de l’ensemble

C’est ainsi que chaque entreprise exploitera à son niveau au mieux de ses intérêts et de sa propre croissance.

 La différence avec la première phase du développement de l’économie numérique est que ce big data potentiel est éclaté entre des milliers d’entreprise

 la souveraineté numérique de l’Europe devra être protégée

 L’ouverture de données non-personnelles devra respecter les règles que l’Europe se donne dans le cadre de sa politique de traitement des données, les règles de concurrence, ou de la localisation des données.

Donc une régulation de la part des autorités européennes.

Qui peut s’appuyer sur des textes européens sur l’ouverture des données.

– le règlement sectoriel sur le cadre pour le déploiement de systèmes de transport intelligents

 -la directive Public Sector Information

La Commission européenne, sous l’impulsion de Margrethe Vestager et de Thierry Breton vient de publier deux documents :

– Une stratégie européenne pour les données  

-un livre blanc sur l’intelligence artificielle

Un bon départ pour une souveraineté européenne dans le numérique que l’Union Paneuropéenne Internationale réclame depuis des années

EC

Libracteur 09/02/2020

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Fondation Schumann

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