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La pénurie de semi-conducteurs, une chance pour l’Europe ?

La pénurie de semi-conducteurs inquiète l’économie mondiale dans son ensemble. Il s’agit des composants essentiels des puces électroniques que contiennent tous les outils électroniques qui nous entourent, notamment les téléphones, dont la demande a grimpé dans un contexte de pandémie. La production des semi-conducteurs est toutefois soumise à des temps de latence : il faut compter quatre mois et deux cent opérations pour les produire. Cette contrainte qui pèse sur l’industrie permet ainsi d’expliquer la pénurie de PlayStation 5. Les constructeurs européens, comme Renault subissent de plein fouet cette pénurie. Ils dépendent des équipementiers, comme Bosch, mais ces derniers dépendent eux-mêmes des fondeurs, ceux qui produisent ces puces. Or, l’essentiel de la production a lieu en Asie, en particulier à Taïwan, où se trouve TSMC, véritable géant des semi-conducteurs. Il représente à lui seul 70% de la production mondiale. La vente de semi-conducteurs devrait croître de 10% en 2021 d’après WSTS. La pénurie actuelle peut s’expliquer par une hausse durable des besoins, quelques Européens pourraient profiter de la situation. Le néerlandais ASML, principal équipementier des fabricants comme TSMC, pourrait bien en tirer profit. Il se classe au quatrième rang de la cote européenne, avec une valorisation de 220 milliards d’euros. Les investisseurs, craignant une multiplication des “doubles commandes” face à la pénurie actuelle, qui engendrerait une inflation artificielle et surtout éphémère de la demande, demeurent néanmoins sceptiques à l’égard du français STMicroelectronics et de l’allemand Infineon. Mais ils pourraient bénéficier de l’essor des véhicules électriques, et plus généralement du rebond de l’automobile, après l’annus horribilis que représente 2020 pour le secteur. L’économiste Emmanuel Combes, pour illustrer le retard technologique européen et les difficultés de le rattraper, donnait l’exemple des économies d’expérience gagnées par la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) avec ses trente ans de production de semi-conducteurs. Un cas qui démontre l’envergure du défi à relever pour atteindre la souveraineté dans ce type de domaines.

Recension : “La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique” de Guillaume Pitron | Oeconomicus

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